19 août 2013

Andy Kelly


OTHER PLACES

AUTEUR : Le journaliste anglais Andy Kelly, aka ultrabrilliant sur YouTube.

DESCRIPTION : Cette série de vidéos vous invite à parcourir les magnifiques paysages de jeux vidéo connus. Débarrassés de toute l’action se trouvant au premier plan, les arrière-plans de Skyrim (The Elder Scrolls V), BioShock Infinite ou Mirror’s Edge se dévoilent sous nos yeux et nous emmènent dans un monde complètement différent.

TAUX D’AMUSEMENT : L’absence d’actions vous permet d’apprécier la masse de travail que représente le design de ces univers. Vous avez enfin le temps de regarder l’architecture et la nature sans craindre de vous faire tirer dessus. Certains paysages sont si beaux qu’on voudrait pouvoir s’y rendre. La prochaine fois que vous êtes au milieu d’une partie, accordez vous une pause et admirer les alentours, c’est ce qui se rapproche le plus d’une visite de ces fantaisies digitales.

http://www.youtube.com/user/ultrabrilliant/featured
http://ultrabrilliant.co.uk/









Article : http://www.amusement.net/fr/2013/08/16/other-places-vous-permet-dadmirez-la-beaute-des-paysages-de-jeux-video/

14 août 2013

JON RAFMAN





Jon Rafman est né en 1981 au Canada, il vit et travaille à Montréal. Il a étudié la philosophie et la littérature à la McGill University puis à la School of the Art Institute à Chicago. Il explore dans son travail les paradoxes de la modernité, les sources de la solitude et de l’aliénation de l’individu contemporain.

En usant d’humour, d’ironie et de mélancolie, son travail se déploie par l’usage des médias digitaux, et par le riche potentiel offert par les nouvelles technologies.
Découvert au travers de son immense travail d’investigation intitulé ‘9-eyes.com’, entreprise lynchienne de parcours du monde au travers du programme Google Street View. Beaucoup d’artistes ont choisi de baser leur pratique artistique sur Google Street View. Bien que partageant une même base de données, leurs initiatives sont loin d’être égales. En haut du panier, on trouve Jon Rafman. Artiste originaire de Montreal, son travail sur l’application de Google, intitulé « The Nine Eyes of Google Street View » (référence aux neufs caméras de la voiture Google originelle – elle en compte maintenant onze) ne fait que reprendre des images existantes, sans les retoucher. Il se différencie de ses pairs par la dimension anecdotique de ses choix. Qu’il s’agisse d’un glitch de la caméra qui modifie un paysage, d’une voiture en feu ou d’une prostituée sur le bord de la route, les clichés collectés à travers le monde par Jon Rafman forment une description saisissante de notre société, loin de celle trouvée dans les médias traditionnelles. Une cartographie made in Google d’un monde qui n’a pas peur de montrer les crocs.
Jon Rafman s’intéresse à la culture, au comportement et à la conscience contemporaine, dont les nouvelles technologies dessinent de plus en plus les contours et limites. Nous plongeant dans des univers d’incertitude, oscillant entre familiarité et fiction narrative, Jon Rafman propulse le spectateur dans des mondes « parallèles », au travers de scénarii qui confrontent l’individu à la fable du réel. 
Son travail a été exposé internationalement dans des expositions solos telles que Mirror Sites à l’ International Art Objects and M+B Art, Los Angeles (2012), Nine Eyes of Google Street View à la Angell Gallery (2012), Toronto, Brand New Paint Job MMXII à l’American Medium, New York (2012), et des expositions collectives telles que Contact Photography Festival au Museum of Contemporary Canadien Art (2012), From here on aux Rencontres photographiques d’Arles (2011), ou Free au New Museum, New York (2010). Ses expositions à venir sont à la Saatchi Gallery, Londres, et à HD:Projects, New York.







Liens
jonrafman.com/
http://www.amusement.net/fr/2012/02/27/digital-art-or-bullshit-jon-rafman-au-banc-dessai/
http://butdoesitfloat.com/If-you-have-any-answers-we-will-be-glad-to-provide-full-and-detailed

12 août 2013

Mobile Photo Paris

Mobile Photo Paris est un groupe de photographes, français ou francophiles, professionnels ou amateurs, aux univers différents, mais réunis autour d’un même appareil, leur téléphone, qu’ils considèrent comme un outil contemporain, ludique et expérimental.
Photo : La photo de smartphone à son expo : Mobile Photo Paris, à découvrir jusqu'à dimanche au Bastille Design Center.

http://www.citazine.fr/diaporama/photo-mobile-decomplexee-mobile-photo-Paris%20
Photo : Photo: From the series, "Profile de dos."

Photography has always been a dynamic medium, characterized by rapidly evolving tools and technology. The tectonic shifts since French inventors Nicéphore Niépce and Louis Daguerre were tinkering with heliographs and daguerreotypes has brought us, 186 years later, to digital sensors and instantaneousness. Last week, the birthplace of photography was host to a show of mobile phone photographs, raising the question, plus les apps changent, plus c'est la même chose?

More on Lens: http://nyti.ms/WZ7svC

Photo by Jérome Kerneis
Photo : Catriona Donagh 
Mobile Photo Paris vs. Bastille Design Center : minimalisme du lieu et mise en valeur du support photographique

Double choc esthétique lors de la visite de cette exposition: d’une part, la photographie passe du support numérique au support papier. D’autre part, le lieu en lui-même se prête particulièrement à ce genre d’expositions: une ancienne quincaillerie totalement réhabilitée, aux grands espaces, entre bois, pierre et métal. Des lignes et des perspectives, des photographies qui se laissent découvrir au détour d’un couloir, notamment au premier étage.

Jean-Christophe Polgar a été chargé de la scénographie: exposant lui-même au premier étage du Bastille Design Center, il a accepté de nous expliquer la stratégie d’occupation de l’espace pour cette exposition. Celui-ci insiste sur les grandes dimensions du lieu choisi: le choix a été fait de ne garder que deux niveaux et trois salles annexes pour plus de proximité entre le spectateur et l’oeuvre photographique. Les grands formats ont volontairement été placés au rez-de-chaussée, ces derniers nécessitant une prise de recul plus importante pour être appréciés à leur juste valeur, comme les portraits d’Eric Chauvet placés au fond de cet espace. Jean-Christophe Polgar insiste sur les notions de "respiration" et "d’espacement" afin de justifier son agencement scénographique. Une démarche qui s’accorde avec le minimalisme élégant du Bastille Design Center. Le premier étage propose de son côté une ambiance plus intimiste: petits formats, auto-portraits -nous avons particulièrement apprécié ceux d’Amy Leibrand-, photographies expérimentales; la distinction est claire entre les deux niveaux. Les approches: complémentaires.



http://mobilephotoparis.com

https://www.facebook.com/mobilephotoparis




La photo mobile, en question…


Si la photo mobile évoque la simple photo prise à l’aide d’un téléphone, l’association avec la photo-que-tout-le-monde-peut-faire commence à devenir de moins en moins évidente.

De vrais talents, une acuité du regard, des interrogations et des explorations de notions actuelles émergent et ressortent notamment sur des réseaux comme Instagram. Dans ce cas, bien loin de nous les photos de chats, de vernis à ongles ou les autoportraits suggestifs qui sont souvent assimilés à ce média. Désormais la transportabilité du téléphone permet de conjuguer la discrétion et la maniabilité d’un appareil photo de plutôt bonne qualité, et pour les photographes c’est aussi l’occasion d’expérimenter de nouvelles possibilités.

Pour la première fois à Paris, et en exclusivité, l’exposition réunit dans un lieu très agréable, le Bastille Design Center, 18 photographes aux démarches et aux univers variés pour un tour d’horizon réussi des différentes facettes de la photo mobile. Ce groupe, Mobile Photo Paris, réunit des photographes autour de l’objet téléphone qui devient l’outil d’une vision actuelle et créative, montrant ici à quel point la photo mobile peut se considérer comme une discipline à part entière.

Souvent controversée, la photo mobile soulève de vraies problématiques. Elle est notamment, souvent mal vue par les photographes de profession qui la considèrent comme une menace potentielle.Décriée sur le plan esthétique, elle se réduit pour beaucoup à une image retouchée par une série d’applications… qui galvaudent la vraie retouche photo et qui « embellissent des photos sans intérêt ». Mais pour ceux qui utilisent vraiment  les applis, certains vous diront qu’il y a une première couche corrective (réaligner sa photo, travailler les lumières etc…), une seconde dans la recherche d’effets, et ensuite ils y a les adeptes qui utilisent les applis comme une palette de couleurs et comme passeport vers un monde surnaturel et sublimé.Permettant aussi une street photo décomplexée et courante, elle pose aussi la question du droit à l’image pour les modèles qui souvent ignorent qu’ils sont les sujets des photos publiées.

Mais comme le disent justement Yann Lebecque et Nadine Bechinou dans la présentation de l’exposition « c’est un moyen d’expression démocratique qui permet la spontanéité et l’expérimentation et qui bouscule les a priori et les dogmes artistiques ».
La visite de l’expo

Commençant par ceux que je connais, j’ai pris plaisir à découvrir les tirages de @kino_in_paris et son univers urbain qui fait rentrer sans transition dans le ParisBSide, l’underground de la capitale et ma matrice du métro ; et de @nad75 et sa ville déshumanisée, aux reflets révélateurs. Voir les images sur papier en plus grand que sur le téléphone ou l’ordinateur, permet d’en saisir toute la subtilité dans les détails et les finesses.

J’ai aussi découvert tous les autres dont les démarches valent le coup d’œil : les i-portraits plein d’humour d’Eric Chauvet @dicktraven, ou les expérimentations de Julien Damoiseau @pixpopuli dont le site http://pixpopuli.com/ mérite la visite.

La démarche d’Amy Leibrand @_thisspace_ qui explore par l’autoportrait ses limites en reflétant les nôtres, ou celle d’Elena Shmagrinskaya @_lna dont la présentation m’a interpellée quand elle dit en citant Patti Smith « Je ne suis pas photographe, pourtant faire des photographies m’a procuré un sentiment d’unité et de satisfaction personnelle. Ce sont les reliques de ma vie passée. Les souvenirs de mon errance. Elles recèlent tout ce que j’ai pu apprendre sur la lumière et la composition. »
© Catriona Donagh @gladlybeyond

Il y a aussi le moment où les êtres vivants s’intègrent aux formes de la ville comme chez Catriona Donagh @gladlybeyond, et celui où on commence à prêter attention à ces inconnus que l’on croise comme le fait avec brio Pierre Le Govic @pierrelegovic. Enfin l’utilisation du mobile montre comment il est possible avec tact de manier la lumière, comme le fait joliment Jean-Christophe Polgár @kinothegnou.

Il y a les jolis coups de cœur comme pour Gilles Saulnier, qui éclaire la réalité de très beaux coups de projecteurs. Ses photos sous l’escalier invitent à aller voir plus haut comme les gens dans son escalier roulant qui cherchent la lumière ; ou Lénaïc Entremont @lenybagshop et sa « salade entre les dents », dont la démarche consiste à capter les interstices par lesquels la nature et la verdure s’immiscent en ville.

On suit Cécile Edelist @cecile_e dans un quotidien parisien qui montre les existences des gens au milieu des lignes et des couleurs de la capitale, et on plonge avec Loïc Le Rumeur @crash11 dans les reflets de ses rêves et dans une ville transfigurée.
© Stéphane Mahé

« Les profils de dos » de Jérôme Kerneïs @jklypo, introduisent une part de mystère dans les personnages avec un travail intéressant sur l’angle et la composition, tandis que la déambulation entre ombres et lumières nous ravit, et nous accompagnons Stéphane Mahé en passant un surprenant « dimanche sur la terre ». Une belle épitaphe proposée par Stéphanie Dupont, avec ses animaux dits « nuisibles » que l’on fuit le plus souvent, et qui nous placent face à une image de mort, plutôt brusque quand on les surprend. Dans sa série « Taken from memory » (De mémoire), Nettie Edwards propose un zoom sur notre perception des détails, des focus que nous faisons sans nous en apercevoir, ici sur des sujets pris dans deux jardins parce que comme elle le dit « Chaque instant de perception n’existe au présent que l’espace d’une seconde, puis bascule dans la mémoire. La photographie enregistre le regard et la vision, elle est donc intimement liée au souvenir, et rejoint toutes les photographies passées. »

Enfin les vues et compositions de Philippe Durand Gerzaguet @photofloue interpellent car il considère le mobile comme « une petite machine à fabriquer des images poétiques », et il arrive très bien à en rendre compte dans ses dyptiques que l’on peut voir comme deux images distinctes ou une seule donnant un résultat intéressant.
A ne pas manquer…

Très bien équilibrée, l’exposition est riche sans être indigeste, la scénographie est plutôt bien faite, j’ai beaucoup apprécié l’accrochage et les tirages qui s’adaptent au travail de chacun en valorisant leurs démarches et leurs réalisations, et enfin j’ai apprécié les textes qui permettent de comprendre l’univers des artistes mêlant leur mots à leur petite biographie, sans oublier la belle introduction qui pose les grands axes de réflexion sur la photo mobile actuellement.

Amusant aussi quand on est immergés dans la communauté Instagram, d’entendre le point de vue des photographes amateurs ou professionnels, qui ne sont pas familier avec la photo mobile…


7 août 2013